Le vendredi 23 octobre 2026, la Réserve naturelle nationale de la forêt de la Massane participera à une journée d’étude interdisciplinaire à l’Université de Perpignan Via Domitia, autour d’une question aussi fondamentale que passionnante : comment appréhender ce qui ne se voit pas, mais qui est pourtant essentiel au vivant ?
Intitulée « Ce qui nous lie : les invisibles essentiels », cette rencontre réunira des chercheurs et chercheuses en sciences du vivant, en sciences humaines et sociales, ainsi que des artistes, pour croiser les regards et interroger notre manière de percevoir le monde.
Voir au-delà des apparences
Dans la nature, tout ne se donne pas immédiatement à voir. Derrière un arbre, une forêt ou un paysage se déploient des relations, des mécanismes et des interactions qui échappent souvent à notre regard. Pourtant, ces réalités invisibles participent pleinement au fonctionnement des écosystèmes et à l’équilibre du vivant.
Comment observer ce qui se dérobe à nos sens ? Quels outils scientifiques permettent de rendre visibles des phénomènes imperceptibles ? Et que nous apprend notre propre regard sur ce que nous choisissons de voir, d’ignorer ou de préserver ?
La journée s’organisera en deux temps. La matinée sera consacrée aux méthodes et aux outils permettant d’appréhender l’invisible, à travers notamment la génétique, les techniques d’investigation du vivant et les approches artistiques. L’après-midi explorera les paradoxes de l’invisibilité, ses dimensions sociales, philosophiques et littéraires, ainsi que ses enjeux pour la préservation de la nature.
La forêt de la Massane : préserver ce qui ne se voit pas
Pour la Réserve naturelle nationale de la forêt de la Massane, cette réflexion fait directement écho aux enjeux de connaissance et de protection des milieux naturels.
Préserver une forêt ne consiste pas uniquement à protéger ce que l’on peut observer à l’œil nu. C’est aussi reconnaître l’importance des phénomènes discrets, des relations entre les organismes et des dynamiques écologiques qui structurent les écosystèmes. C’est accepter que notre connaissance du vivant reste partielle et que ce qui échappe encore à notre compréhension mérite lui aussi notre attention.
Au cours de l’après-midi, Tano Caperna, chargé de mission et Diane Sorel, conservatrice de la réserve naturelle de la forêt de la Massane, interviendront sur le thème « L’invisible comme enjeu de préservation ». Joseph Garrigue, ancien conservateur de la réserve, proposera ensuite une réflexion sur les stratégies de défense du vivant visible et invisible.
Ces interventions permettront d’aborder la conservation sous un angle qui dépasse la seule observation des espèces et des paysages : celui de ce qui fonde leur existence, de ce qui les relie et de ce qui peut les fragiliser sans être immédiatement perceptible.
Faire dialoguer les sciences et les arts
Cette journée repose sur une conviction : comprendre l’invisible nécessite de multiplier les approches et de confronter les regards.
Les sciences permettent d’explorer des mécanismes parfois imperceptibles, tandis que les sciences humaines et sociales interrogent les conditions dans lesquelles certaines réalités deviennent visibles — ou restent dans l’ombre. L’art, de son côté, ouvre d’autres chemins pour représenter, ressentir et interpréter le vivant.
La photographie et la création artistique auront notamment leur place dans cette rencontre, avec une intervention de l’artiste-photographe Maxime Riché autour d’une tentative d’écopoétique photographique de la forêt.
Ces croisements invitent à renouveler notre manière de regarder les milieux naturels. Ils rappellent que la connaissance ne repose pas seulement sur ce que nous voyons, mais aussi sur les questions que nous posons, les outils que nous mobilisons et les liens que nous apprenons à reconnaître.
Ce qui nous lie, une invitation à changer de regard
En participant à cette journée d’étude, la Réserve naturelle nationale de la forêt de la Massane s’inscrit dans un dialogue entre recherche, création et conservation. Une occasion de mettre en perspective les enjeux de préservation du vivant et de rappeler l’importance d’une connaissance attentive aux réalités les moins visibles.
Car ce qui nous lie au vivant n’est pas toujours ce qui saute aux yeux. Il faut parfois apprendre à observer autrement, à interroger les évidences et à reconnaître l’importance de ce qui demeure discret.
Rendez-vous le vendredi 23 octobre 2026, de 9 h à 17 h 30, sur le campus du Moulin-à-Vent de l’Université de Perpignan Via Domitia, bâtiment Y, amphithéâtre 6.
La journée est organisée en collaboration avec le CRESEM-CATÉCOPOL, le laboratoire ART-DEV et la Réserve naturelle de la forêt de la Massane. L’inscription est obligatoire, selon les modalités indiquées sur l’affiche de l’événement.
Et si mieux préserver le vivant commençait par apprendre à voir ce qui nous échappe ?





